lundi, 24 décembre 2018 13:58

Veille de Noël ... quel Noël ? Spécial

Nous sommes à la veille de Noël.

La tradition, ma bonne éducation, tout ça … veut que je dise : joyeux Noël !

Et puis, Noël est un événement historique : la naissance de Jésus, fils de Joseph et de Marie, il y a plus de deux-mille ans. Pour les croyants : le cadeau de Dieu au monde : il donne son fils unique, pour venir nous apporter un message d’amour, d’espoir.

Et puis, on n’y croit peut-être pas – ou plus. Mais sous nos latitudes, tous, nous célébrons Noël. Bon, je ne sais pas trop pour les musulmans. Une dame m’a dit que pour elle, Noël, ce sera le 6 janvier parce qu’elle est orthodoxe et qu’elle est russe.

Il fait terriblement sombre, ces jours. Il pleut beaucoup. Fait nuit longtemps ; la nuit tombe de nouveau vers 16 heures 30, souvent plus tôt, surtout avec les gros nuages. On a dû sentir cela il y a de nombreux millénaires. C’est pour cela qu’on a mis la Fête de la Lumière pile au solstice d’hiver. Ensuite, on l’a remplacée naissance du Christ, Lumière du monde, tout en sachant pertinemment qu’il n’y aucune preuve historique qu’il soit né un 25 décembre.

Christ, Lumière du monde ?

Noël est toujours là, les lumières dans la ville aussi. Les lumières et les bougies sur le sapin. C’est devenu surtout une fête de famille. Quand je pense à Noël, je pense mes premières fêtes, en famille, avec ma mère et mon père. J’ai pensé cette nuit que ma s’appliquait beaucoup pour que cette fête soit réussie et chaleureuse.

Quand on a une famille où passer Noël – ses parents, ou son conjoint, ses propres enfants – tout va bien. On se retrouvera au chaud, entre nous, heureux. Tout ce pour quoi on se bat le reste de l’année, c’est ça : l’intimité, la chaleur de la famille. S’il y a encore l’amour, c’est une fête merveilleuse.

Mais si on n’a plus de famille, que père et mère sont morts désormais, que des querelles ont brisé les liens, laissant place à la solitude, le chacun pour soi ? Les autres jours, on peut encore donner le change : on sort, on invite des amis, on va boire un verre au bistrot, on va assister à un symposium ou une réunion quelconque. Pour la solitude des jours ordinaires, on a des parades. On s’est construit une vie sociale intense : réunions, comités, concerts, expositions, dîners entre amis choisis, Mais la veillée de Noël ? On sent qu’on est complètement à coté de la plaque. Autrefois, j’ai éprouvé ce sentiment. L’aperçu de ce que peut être l’enfer, s’il existe vraiment : arriver au 24 décembre au soir, seul, à côté de la plaque.

Christ. Lumière du monde. Un enfant est né, hors de la ville. Sa mère a accouché dans une étable. L’évangéliste précise : Il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtel.

Comme chez nous, aujourd’hui, il n’y a pas de place chez nous pour ceux qui sont à côté de la plaque. Je ne vais pas énumérer : ceux qui voudront comprendre auront compris.

Vous qui avez compris, et vous aussi qui aujourd'hui êtes à côté de la plaque, notamment parce que vous ne faites pas partie des standards de note société, je dis : Joyeux Noël à vous.

Pour les autres : ceux qui ne croient en rien, ceux qui ne croient en rien d'autre qu’en leur argent, leur fortune, le cours de leurs actions, leurs profits ; ceux qui sont de toute façon les meilleurs du premier janvier au 31 décembre, pour celles et ceux qui ont toujours raison et dont la fonction est de diriger et de commander les autres, pour les petits chefs et pour les grands chefs, pour les actionnaires qui s’enrichissent, pour les super riches (on appelle ainsi, parait-il, ceux qui ont plus de trente millions de fortune ; leur nombre s’est encore accru de 7% l’an dernier), je leur dis : joyeux Noël consumériste.

 

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